Samedi je suis allé à Sélestat au festival Lez'arts scéniques pour assister à la fin de la tournée de Pleymo dont nous n'avions pas pu voir la totalité du concert en mars dernier (on avait dû ramener un Rasha démembré qui avait joué au malin en pogottant au milieu d'une foule le dépassant d'une tête).
Je ne suis pas coutumier de ce genre de festival, et peut-être est-ce pour ça que j'allais de surprise en surprise. Pleymo jouait à 19h, et j'avais prévu de venir un petit peu avant. Nous sommes
en fait arrivés pile à l'heure (c'est madame qui a roulé) pour nous apercevoir que le concert avait débuté depuis un bout de temps déjà. Après avoir slalomé entre des loques sans nom, des zombies
et des pochetrons à crête, nous sommes parvenus en vue de la scène où le groupe assurait une prestation du tonnerre, à hauteur de nos espérances.
Mais voilà, à la fin du premier morceau auquel nous assistions, le chanteur signale qu'un caillou a volé sur la scène et que les mecs à qui leur style ne plait pas n'ont qu'à se casser. Peu
après, en plein Polyester môme, il se retrouve devant un petit groupe qui lui balance des fucks par botte de douze. Il lâche son
micro et va directement cogner un des enculés qui l'insultait entre deux doigts tendus. Il se tire ensuite et les musicos abrègent la chanson vite fait. Le concert est interrompu et les videurs
finissent par mettre la main sur le petit pédé fouteur de merde afin de le dégager.
Un des guitaristes prend la parole pour nous signaler que c'est leur dernier concert, que le groupe prend sa retraite et qu'en dix ans de scène rien de tel ne leur était jamais arrivé.
Ah la claque que je me suis pris! Je suis douché et je ne suis pas le seul. Je n'ai jamais vu le désappointement déformer à ce point les doux traits du gracieux visage à ma douce.
Suspense... Mark (le chanteur) revient finalement et c'est reparti.
A la fin du morceau, il nous apprend qu'il s'est mangé une bouteille contenant de la pisse et que cette fois-ci c'est terminé. Le groupe se barre de la scène, le public crie sa déception. C'est
le remue-ménage dans les coulisses où l’on devine de rudes tractations. C'est là que je me suis posé une question: un fils de pute qui balance un truc depuis le centre de la foule a forcément été
vu par les vrais fans qui sautaient autour, pourquoi ceux-ci n'ont-ils pas fait justice eux-mêmes? Genre pogo sur la tronche, piétinement des testicules, etc. C'eut été discret et anonyme...
L'organisateur du festival se pointe pour une morale concernant le comportement de certains... Toujours pas de coupable identifié... Surtout qu'il doit toujours être dans la foule, je me trouvais
en arrière et je n'ai vu personne partir.
Et miracle, le groupe revient jouer les deux dernières chansons du concert (dont united nowhere), mais l'envie n'y est plus. Fin,
applaudissements, remerciements. Ambiance malsaine.
Voilà, c'est tout.
Cela m'a permis de constater deux choses: la première est qu'un festival bricolé voulant ressembler aux plus grands genre Belfort ou Colmar révèle rapidement ses faiblesses et la deuxième est qu'en voulant mélanger chaque jour des styles musicaux différents pour garder les spectateurs le week-end complet on finit par se retrouver dans des situations comme celle décrite plus haut.
Dans l'après-midi précédant le concert de Pleymo, des groupes de ska se sont succédés sur la scène pour secouer leurs dreadlocks miteuses au rythme des chansons revendiquant la légalisation de la
fumette et l'amour entre les peuples de la terre devant une foule de pouilleux débraillés, enfumés comme des renards, sautillant bêtement en levant les genoux le plus haut possible afin d'adhérer
au plus près du rasta-staïle-reggae-attitioude. Des blaireaux qui prônent la tolérance et qui s'empressent de pourrir le concert suivant parce que le style musical ne leur plaît pas.
Bien sûr, ils ne sont pas tous comme ça, je ne veux pas généraliser, mais on dirait que certains ont confondu le festival Lez'arts scéniques avec le festival Bière&Bédo.
Je me mets à la place des membres de Pleymo: c'est l'avant-dernier concert de leur carrière, le dernier en France, ils contribuent à faire vivre un festival local et voilà leur récompense... Je mesure leur amertume...
Messieurs les organisateurs, la prochaine fois visez moins haut; si vous tenez à plaire aux goûts de chacun organisez une journée ska, une autre garage rock punk indie et une metal et dérivés ; sinon il ne reste plus qu’à donner un style unique au festival.
Ou alors n'invitez que des groupes de merde, ils seront à la hauteur d'une partie des visiteurs de cette année.